Compétitions vitesse

Premières motos d’usine (1957)

Le tracé des 9,3 km du Asama Highlands High-Speed Automobile Test, situé sur l‘île de Honshû au Japon, devient opérationnel au début de l’été 1957. Le circuit n’est pas goudronné et fait 20 m dans sa section la plus large, et 6 m dans la plus resserrée. Réservée à la compétition, la boucle comporte une grande variété de virages, de la courbe rapide à l’épingle à cheveux, en passant par des lignes droites qui permettent aux plus véloces d’accrocher les 180 km/h.

La 2e Asama Highlands race, qui se déroulera pour la première fois sur ce nouveau tracé, est prévue en octobre de la même année, et chaque constructeur a la possibilité d’y engager cinq compétiteurs par catégorie. Yamaha souhaite être présent en 125 et 250 cm3 et rapidement se met en quête des meilleurs pilotes nationaux en sollicitant ses concessionnaires. En août, les pilotes sélectionnés entament une période de deux mois de tests intenses. Chacune des courses se courra sur une longueur de 100 à 150 km, ce qui est exige des concurrents une condition physique irréprochable, mais aussi qu’ils mémorisent toutes les spécificités de cette piste.

Cette fois, les machines de compétition Yamaha ne seront pas dérivées de celles de série, comme c’était le cas jusqu’ici, mais étudiées et construites exclusivement dans l’optique de disputer des courses. Pour chacune, le cadre double berceau est réalisé en acier haute résistance tandis que suspensions, selle, cintre et repose-pieds sont adaptés à la morphologie du pilote. Le moteur de base retenu est un deux temps 125 cm3 et puisque le règlement n’autorise que trois modèles totalement identiques engagés par constructeur, Yamaha conçoit des versions A et B, dont la course et l’alésage sont différents d’un type à l’autre.

Deux blocs 125 cm3 assemblés donnent naissance au 250 cm3 qui sera utilisé dans la compétition. Les YA-A et YA-B sont pesées à 90 kg et leur bloc développe 14 ch. Les YD-A et YD-B accusent 100 kg sur la balance et compte sur un 250 cm3 produisant 26 ch. Sur le papier, ces dernières possèdent un sérieux avantage sur les rivales Honda, étant 20 kg plus légères et bien plus maniables. Yamaha vient donc de créer ses premières motos d’usine.

Les hommes retenus parviennent au camp d’entraînement Yamaha d’Asama fin septembre et entament immédiatement les tests. Toutefois, les motos ayant été développées en très peu de temps et sans avoir subit de multiples essais, les incidents mécaniques sont fréquents au cours des cessions de 300 ou 400 km que s’infligent quotidiennement les pilotes : bris de bielles, silencieux fendus, cadres fissurés… Le R&D japonais a cependant anticipé ces complications en suppléant pour chacun trois fois plus de moteurs, échappements et châssis de rechange que lors des épreuves précédentes.

La mise en route est un autre problème que doit régler Yamaha. En raison de l’altitude, les techniciens peinent à trouver les bons réglages de carburation et une équipe spéciale en provenance de l’usine de Hamamatsu est donc dépêchée sur place. Les pilotes s’entraînent dur jour après jour à sauter sur leur machine pour la démarrer le plus rapidement possible, incités par des ingénieurs qui tiennent un discours alarmiste : démarrage compliqué, fiabilité approximative, vitesse maxi trop lente… Dans les faits, l’équipe technique Yamaha a confiance dans le potentiel de ses motos d’usine, mais préfère en cacher la réelle valeur à ses pilotes pour les motiver davantage…

Cette technique s’avèrera payante le jour J. Les cinq YA 125 cm3 démarrent parfaitement et réalisent un bon départ. Sur son YA-A, Hideo Oishi prend le commandement dès le début des hostilités et le conserve jusqu’à l’arrivée. Il devance son coéquipier Shoichi Miyashiro sur une autre YA-A, alors que Hiroshi Matsuno sur YA-B  achève l’épreuve en 5e position.

En catégorie 250, deux pilotes Yamaha rencontrent des difficultés: Taneharu Noguchi ne peut partir en raison d’un roulement de bielle serré et Fumio Ito, alors qu’il est en tête avec 20s d’avance sur son YD-A, doit se retirer de la compétition pour cause de serrage de piston au 7e tour. Mais les trois autres protagonistes sur Yamaha ne connaissent pas ces complications. Osamu Masuko, Yoshikazu Sunako et Mutsuo Shimora terminent dans cet ordre aux trois premières places, reléguant le 4e à plus d’une minute. Fort de ces succès sur le territoire national, Yamaha planifie aussitôt sa participation à des épreuves internationales.

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YA-1 1st Asama Highlands Race spec (1955) Kenji Ekuan (1973)

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